Bernard Pivot, parrain de la 22e édition de la Semaine

Publié le 01.02.2017
Cette année, c’est l’homme de lettres et président de l'académie Goncourt, Bernard Pivot, à la fois passionné de langue française et inconditionnel des réseaux sociaux (près de 430 000 abonnés suivent ses 7 854 tweets) qui sera le parrain de la 22e édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie.
© Olivier Marty

Trois questions à Bernard Pivot


1. Pouvez-vous raconter la genèse de votre spectacle « Au secours ! Les mots m’ont mangé » ?

Il y a trois ans, Jean-Michel Ribes m’a demandé si j’avais une idée de petite comédie sur le langage. Je n’en avais pas, mais les mots m’en ont soufflé une : s’ils sont les serviteurs dévoués des écrivains, leurs esclaves, ils ont aussi du pouvoir sur eux, occupant leur esprit jour et nuit, devenant eux-mêmes des tyrans. Chemin faisant, je me suis aperçu que je traitais une question complémentaire : les écrivains parlent-ils, se comportent-ils, aiment-ils, vivent-ils comme les autres hommes et femmes ? La réponse est évidemment et heureusement non.


2. Pour quelle(s) raison(s) avez-vous accepté d’être parrain de la 22e édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie ?

Les mots français d’ici et d’ailleurs m’ont tant donné de bonheurs de lecture et d’écriture, de plaisirs de conversation, de joie de vivre, que refuser d’être le parrain de la Semaine pendant laquelle nos chers amis les mots sont fêtés, eût été d’une noire ingratitude.


3. D’où vient votre amour de la langue française ?

Mon amour de la langue française vient de ce que, pendant la guerre, enfant, j’ai découvert le monde à travers le seul livre que je possédais : une vieille édition du Petit Larousse. Je l’ai lu et relu, au hasard des pages, y découvrant chaque fois de quoi m’effrayer et m’enchanter.



Portrait chinois


Si vous étiez un tweet…

Si j’étais une femme, je me moquerais de la vanité des hommes pour mieux les consoler de leurs défaites.


Si vous étiez un hashtag ou plutôt un mot-dièse…

#romanesque


Si vous étiez une émoticône…

© D.R.





Si vous étiez un néologisme en lien avec l’univers numérique…

textomaniaque


Si vous étiez un mot…

aujourd’hui


Si vous étiez un signe de ponctuation…

?


Si vous étiez une expression agaçante de notre époque…

Je vais vous dire…


Si vous étiez une citation ou un proverbe…

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » (Le premier article de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est le premier tweet républicain. 136 signes)


Si vous étiez un personnage de fiction…

le Prince Charmant



Bernard Pivot, en 5 tweets


« J’aime les tweets parce qu’ils partent en silence, circulent en silence et arrivent en silence. Les tweets sont des chats ». Avec les tweets, Bernard Pivot a redécouvert le plaisir de faire court. Avec humour, fantaisie et pertinence, il écrit une sorte de journal très personnel constitué de réflexions, d’aphorismes et de citations, que découvrent chaque matin ses 430 000 abonnés du réseau Twitter. Petite sélection…


« Les tweets investissent mon ordinateur comme un vol d’étourneaux investit soudain une chênaie. »


« Je préfère consulter Larousse ou Robert plutôt que Google en raison du plaisir des pages à tourner et du mot à débusquer. »


« Comme trop souvent l'élégance, la politesse et le respect, l'orthographe est tenue aujourd'hui pour aléatoire, facultative et démodée. »


« Bizarre ou logique que dans notre alphabet la lettre m (prononcer aime) soit suivie de la lettre n (prononcer haine)? »


«  Le soleil éclatant du matin sur les livres de ma bibliothèque. Les écrivains ne protestent pas. Ils ont besoin de lumière. »