Comment écrit-on en français ?

Publié le 03.02.2017
Le clavier AZERTY est aujourd’hui considéré comme l’une des principales limites à une bonne écriture de la langue française sur ordinateur. En effet, cet outil du quotidien fait fi d’un grand nombre de subtilités propres au français. Tour d’horizon des solutions envisagées.
© Frédéric Bisson

Selon un rapport de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) du ministère de la Culture et de la Communication, il serait presque impossible d’écrire correctement en français avec les claviers AZERTY commercialisés en France, héritiers directs des machines à écrire. La disposition des touches et les lacunes de ces claviers entraînent des difficultés dactylographiques en langue française, telles que l’usage des caractères accentués, notamment en majuscule. Par exemple, sur ordinateur, il faut aller les chercher dans le répertoire des « caractères spéciaux  » du traitement de texte, ou taper leur raccourci (« alt+0201 » pour le « É »).

Suite à ce constat, le ministère de la Culture et de la Communication a demandé à l'Association Française de NORmalisation (AFNOR) d’engager des travaux autour d’une première norme de disposition de clavier français. Ainsi, une commission de normalisation, sous l’égide de l'AFNOR, (réunissant notamment la DGLFLF, l’Imprimerie Nationale, des industriels, des universités et des associations d’usagers) élabore actuellement le projet de norme. Celui-ci devra définir un nouveau modèle de clavier informatique complet destiné au marché français.

Les solutions envisagées par la commission sont de double nature : d’une part une disposition du type AZERTY (avec les caractères manquants), et d’autre part une version innovante proche du clavier BÉPO. Le clavier BÉPO permet une saisie du français plus confortable lorsqu’il est maîtrisé et tient compte des particularités du français, des langues étrangères et régionales. Un nouvel AZERTY ne modifierait pas la disposition physique des touches les plus habituelles du clavier, mais simplement la gravure des touches et les pilotes, en ajoutant des informations.

Ainsi, l’objectif de la commission est de fixer des exigences minimales, qui s'appliqueraient à la fois à un AZERTY modifié et au BÉPO. Ces deux solutions seraient ainsi des options dans la norme, l'une classique (AZERTY complété), l'autre ergonomique (BÉPO). L’adoption de ces critères dépendra aussi des industriels, car cette norme sera d'application volontaire.


EXEMPLES DE LACUNES DU CLAVIER AZERTY :

- Pas de e dans l’a (æ) ni de e dans l’o (œ), ni leurs équivalents en capitales « Æ » et « Œ »

- Pas de majuscules avec accents (É) ni de C-cédille majuscule (Ç)

- Pas de guillemets dits français en forme de chevrons (« »)

- Pas de caractères spéciaux comme « supérieur ou égal » (≥)

- Certains symboles (@, €…) à des endroits différents sur PC et Mac


HYPOTHÈSES DE SOLUTIONS :

  • Pour AZERTY :

- Le point et le point-virgule pourraient échanger leurs places ;

- L’espace insécable (qui empêche le retour à la ligne) serait accessible avec la barre d’espace ;

- Le «  Ç  » devrait être plus facile à taper ; et les symboles «  µ  », «  ²  », «  £  » ou «  ¤  » pourraient céder leur touche.


  • Clavier BÉPO :
© D.R.

Crédits : bepo.fr